Originaire d’Amérique du Nord, le Callinectes sapidus, appelé communément « crabe bleu » est en train d’envahir les lagunes méditerranéennes françaises. Constaté depuis un an et demi, le phénomène impacte tout le littoral occitan, la Camargue, l’étang de Berre et la Corse, mais aussi le delta de l’Ebre en Espagne et la Tunisie où un plan national d’exploitation a été mis en place. L’arrivée de cette espèce invasive et vorace, capable de s’attaquer aux poissons dans les filets comme aux coquillages est surveillée de près. A l’automne dernier déjà, une délégation française, comptant des représentants du CRCM, s’est rendue en Tunisie pour y étudier les modes de capture et de valorisation. Des conchyliculteurs de Leucate sont aussi allés en Espagne.

Dans le parc naturel marin du golfe du Lion, une cellule de veille a été mise en place. Alimentée par un réseau de sentinelles impliquant pêcheurs, scientifiques et gestionnaires, elle suit l’installation et la progression de l’espèce et favorise les échanges et retours d’expériences, y compris sur d’éventuelles mesures de gestion*.

Toujours dans le parc naturel du Golfe du Lion, des tests ont été réalisés l’an dernier afin d’élaborer un protocole de suivi par capture. Le prototype de casier, inspiré d’un engin américain, expérimenté dans les lagunes de Canet et Leucate, a ainsi pu être affiné. Il va permettre cette année de réaliser un suivi in situ, dans les lagunes de Salses Leucate et Thau, en lien avec les pêcheurs, les gestionnaires, le Cépralmar et le comité des pêches. Par ailleurs, les analyses génétiques effectuées actuellement par l’Université de Montpellier sur différents échantillons de crabe bleu devraient permettre de mieux comprendre les circuits d’invasion et l’évolution des individus arrivés sur nos côtes.

Afin de faciliter les échanges sur cette espèce, son impact et son encadrement réglementaire, le Cépralmar et le pôle relais lagunes méditerranéennes ont orchestré une visio-conférence le 11 juin dernier. Plusieurs pistes de travail ont émergé de cette rencontre virtuelle, qui a réuni plus de 40 participants d’Occitanie, Paca et Corse. Parmi elles : la création d’une fiche standard pour faire remonter les informations sur le crabe bleu, l’utilisation de l’application BioObs pour faciliter l’intégration des données suite à une observation sur le terrain, l’élargissement du réseau de sentinelles aux plongeurs et aux pratiquants d’activités nautiques, le recrutement de nouveaux pêcheurs pour ce suivi, la valorisation des stocks déclarés en criée, le lancement d’une étude de l’espèce dès le stade larvaire, une expérimentation des casiers élargie à d’autres lagunes et un contrôle régulier des zones  moins impactées afin de repérer d’éventuelles colonisations.

*Pour intégrer la communauté d’échanges sur le crabe bleu, appelée SPIDUS WATCH, il faut demander son inscription à sympa@montpellier.fr, en précisant SUBscribe sapiduswatch dans le mail. Pour envoyer ensuite un mail à l’ensemble des membres, il suffira d’écrire à sapiduswatch@umontpellier.fr

A noter, suite à un problème technique, les articles de la newsletter du Comité régional de la conchyliculture en Méditerranée sont provisoirement hébergés sur ce site.