Piloté par le Cépralmar en partenariat avec le CRCM, le projet NatiUstra planche à la fois sur les techniques de captage naturel, le parcours de grossissement des naissains et la viabilité économique de ces pratiques. Du fait des résultats médiocres obtenus en 2019 sur le captage naturel, ce projet pourrait être prolongé en 2021.

Testé depuis plusieurs années sur la lagune de Thau, le captage naturel d’huître creuse reste aléatoire. Ainsi, après de bons résultats en 2018, le recrutement n’a pas fonctionné en 2019. En dépit d’une ponte massive début juillet, avec la colonisation des 150 coupelles immergées sur une concession expérimentale entre Mèze et Bouzigues, la métamorphose des naissains a échoué. Pour expliquer ce bilan médiocre, le plus faible depuis 2011, plusieurs hypothèses – vagues de chaleur trop intenses, efflorescence du phytoplancton picochlorum, compétition spatiale avec le serpule (cascail) – ont été avancées lors du comité de pilotage du projet NatiUstra, qui s’est réuni en mars dernier.

Cette déconvenue de 2019 ne va cependant pas stopper les travaux pour développer une huître native de Thau. De récentes découvertes scientifiques confirment en effet la pertinence d’approvisionner les conchyliculteurs en naissains d’huîtres autochtones. Une étude publiée cette année par des chercheurs d’Ifremer dans la revue scientifique internationale « Nature / Scientific Reports » révèle que la latitude a un impact sur la mortalité des huîtres, juvéniles et adultes. Selon les auteurs de la publication, la mortalité des huîtres sauvages serait plus élevée dans le nord que dans le Sud et inversement pour les huîtres issues d’écloserie.

Ces conclusions vont dans le sens des projets initiés par le CRCM de créer une écloserie-nurserie sur le site de Frontignan ainsi qu’un centre de recherche expérimental. Ces équipements permettraient de développer la recherche sur ces huîtres de souche méditerranéenne, la plupart des recherches au plan national étant ciblées sur l’huître d’Atlantique.

Ces deux projets sont inclus dans la stratégie de filière et seront prochainement présentés aux professionnels pour avis. L’Etat, la Région, le département et Sète agglopôle Méditerranée ont d’ores et déjà donné leur accord et le montant de leur participation pour ces réalisations, dont le dimensionnement sera adapté aux besoins des professionnels.

A noter, suite à un problème technique, les articles de la newsletter du Comité régional de la conchyliculture en Méditerranée sont provisoirement hébergés sur ce site.