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OXYVIR « Comment estimer le caractère infectieux des norovirus dans les coquillages ?

Par 5 novembre 2020Aucun commentaire

Les professionnels redoutent ce moment à chaque hiver : une fermeture de zone conchylicole pour cause de Norovirus, le virus responsable de la gastro-entérite. À ce jour, aucune méthode fiable et sensible n’est disponible pour détecter et déterminer les norovirus infectieux des non infectieux, ce qui entraine parfois des mesures de retrait/rappel des lots de coquillages injustifiées. Seul le déclenchement de TIAC à coquillages puis la détection du génome du virus, infectieux ou non, le long de la chaîne de production suffit, au titre du principe de précaution, à stopper toute commercialisation de coquillages durant 28 jours.

Le projet de recherche OXYVIR est donc né de ce constat d’indétermination. Porté par Actalia de l’UMT Virocontrol, ainsi que 6 partenaires scientifiques et professionnels dont le CNC, il consistait à mettre au point une méthode de dosage des norovirus infectieux dans les coquillages bivalves vivants qui soit discriminante, précise, sensible et économiquement compétitive. Parmi 3 méthodes présentées, celle qui semble la plus robuste repose sur la détection de certains bactériophages fécaux comme indicateurs de présence de norovirus infectieux dans les coquillages.

Dans la continuité du projet OXYVIR, le projet OXYVIR 2, en cours de dépôt sous la mesure 47 du FEAMP, vise à valider l’hypothèse de la corrélation significative entre la présence de ces bactériophages et la présence de norovirus infectieux.

Des avancées majeures ont donc été validées et il s’agit désormais de construire un outil solide permettant de mesurer le caractère infectieux et, pour aller plus loin, de déterminer les dynamiques d’élimination de ces norovirus lors du passage des coquillages en bassins de purification.

La détoxification, l’affaire de tous les professionnels français et européens

En 2015, le Syndicat conchylicole de Leucate avait initié une expérimentation en partenariat avec le Cépralmar pour montrer la décroissance dans le temps du niveau de toxines lipophiles (Dynophysis) dans les huîtres mises en bassin de purification.

Après de nombreuses demandes à la DGAL de la part de plusieurs centres ostréicoles français, le CNC a repris la main et a initié, mi-septembre, une réunion à ce sujet entre l’Etat et la profession. Suite à cette réunion, le CNC va demander à la DGAL la mise en place d’un protocole national en partenariat avec l’Ifremer et l’ANSES pour aboutir à des expérimentations robustes et validées visant à démontrer la capacité des coquillages à éliminer les toxines en bassin de purification.

Par la suite, pour modifier le contexte réglementaire, la DGAL devra présenter à la Commission Européenne de solides arguments de sécurité alimentaire des consommateurs et un suivi strict de traçabilité pour que la méthode de détoxification soit adoptée.

C’est un travail long qui encourage d’autres projets à émerger à plus court terme sur la prévention en amont des blooms, la mise à l’abri des coquillages, la purification de l’eau pompée en cas de fermeture de zone, etc. : par exemple, le projet BICMAT pour montrer que l’eau contaminée mais filtrée en bassin de purification ne contamine pas l’huître, la technologie COLDEP qui isole les particules par un système d’airlift par dépression, le projet CO-Clim pour un traitement de l’eau par filtration membranaire et peroxyde d’hydrogène, le projet MASCOET pour les connaissances des mécanismes de contaminations et décontamination des bivalves, la société Microbia Environnement qui propose un système d‘avertissement précoce des blooms, etc.